Festival littéraire "Lire le monde"

> 5è édition du 19 au 21 juillet 2019     

 

Deux grands sujets au programme : la littérature algérienne et le thème de la famille

Le festival littéraire AltaLeghje, Lire le monde, aura lieu à Altagène, Sainte-Lucie-de-Tallano et Propriano, du 19 au 21 juillet 2019.

Venez découvrir la littérature algérienne et mille façons de photographier, écrire et raconter sa famille. 
Cette année, "Lire le monde" s’agrandit en proposant deux rencontres à Propriano, en plus de ces deux journées à Altagène, berceau et centre névralgique du festival, au pied des aiguilles de Bavella, à l’ombre des mûriers. 

Voici quelques éléments du programme qui se prépare.

Pour télécharger le dossier de presse du festival, cliquez ici.


 

La littérature algérienne à l'honneur
Pour la 5e édition du festival littéraire de Corse-du-sud, Jérôme Ferrari, parrain du festival, a choisi de faire découvrir littérature algérienne. Autrices et auteurs témoigneront des moments historiques qui se déroulent en ce moment, autant que de la puissance de leur littérature.

Parmi les invités, Kamel Daoud, auteur de Mes Indépendances et Zabor (actes sud, prix Méditerranée 2018), Adlène Meddi, auteur de 1994 (Rivages, prix Transfuge), Mélanie Matarese, auteure de Jours tranquilles à Alger (Riveneuve). 


Un pont entre Corse et Algérie, dont les relations sont si nombreuses et intenses, sera fait avec :
Danièle Maoudj, auteure de Rives en chamade (L’Harmattan): son père Kabyle et sa mère Corse, ont donné à cette écrivaine et poétesse engagée les mots de deux cultures orales minoritaires.
Jean-Pierre Castellani, professeur émérite à l'Université François-Rabelais de Tours, a publié de nombreux ouvrages et articles dans les domaines de la langue et de la littérature française, de la production romanesque espagnole contemporaine et dans le discours de presse et de cinéma. Il a publié aux éditions Colonna Une enfance corse, coordination avec Leila Sebbar (Bleu-autour), Mémoire(s) de Corse, Portraits de Corses, figures emblématiques de la Corse d’aujourd’hui, avec Christine Bottero et récemment  Corses de la diaspora, (Scudo ed.)

Il est également auteur de Le gamin d’Alger dans L’enfance des Français d’Algérie, avant 1962, Bleu-autour, coordination Leïla Sebbar en 2014.

Des histoires de famille

Quand le roman mêle grande Histoire et portraits de famille avec 
-    Alain Mabanckou, auteur de Lumière de Pointe Noire, Les cigognes sont immortelles (Seuil). Dans ces deux romans il puise dans son histoire familiale pour raconter l’histoire de son pays et ses choix littéraires.

-    Robert Colonna d’Istria, auteur de Une famille corse, 1200 de solitude (Plon)

Ces photos qui nous racontent : un concours et  une collecte des photos pour élaborer le grand album de famille du festival
-    Concours de nouvelles : Lecture des nouvelles écrites à partir d’une famille photographiée par Irène Jonas, photographe et sociologue.

-    Elaboration du grand album des familles avec les apports des visiteurs du festival. Tous les festivaliers sont invités à apportés sous forme numérique ou papier, dans le smartphone ou sur photocopie, une photo de leur famille, légendée, à leur manière, en 600 signes. 

 « …j'ai trouvé remarquable d'organiser une manifestation littéraire à taille humaine dans un petit village, en dehors des grands axes d'Ajaccio ou Bastia. Je dois dire qu'il est depuis le début magnifiquement organisé. Le but étant de favoriser la qualité des rencontres et de préserver l'intimité qu'offrent ces échanges », explique Jérôme Ferrari (parrain du festival, prix Goncourt 2012 pour Le Sermon sur la chute de Rome, prix littéraire du journal Le Monde pour À son image en 2018).              

 

 

Les invités 2019

Jérôme Ferrari invite

Kamel Daoud

ILS ONT CHACUN L'ALGERIE AU COEUR.

Jérôme Ferrari,

qui fut professeur de philosophie au lycée international Alexandre Dumas d'Alger entre 2003 et 2007, a formé le vœu d’une rencontre avec Kamel Daoud, l’écrivain qui s’est illustré en France avec Meursault conte enquête.

Son roman a obtenu le prix Goncourt du premier roman en 2015.

En 2018 il a publié Le peintre dévorant la femme, chez Stock. Il observe et chronique avec acuité la révolution en cours depuis le printemps dernier.

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Kamel Daoud est né le 17 juin 1970 à Mesra, en Algérie. Il est écrivain et journaliste, de nationalité algérienne et d’expression française. Il entre au Quotidien d’Oran en 1994, et y tient sa première chronique trois ans plus tard, titrée « Raina raikoum » (« Notre opinion, votre opinion »). Il s’y fait remarquer pour son franc-parler, et sa volonté de proposer des analyses claires, hors des carcans et des postures idéologiques. Kamel Daoud publie son premier roman, Meursault, contre-enquête, en 2014 aux éditions Actes Sud. Succès rapide et salué par la critique, il est sélectionné pour le Goncourt et le Renaudot, et obtient finalement le prix François Mauriac ainsi que le Goncourt du premier roman 2015. La même année, Meursault, contre-enquête est adapté en monologue théâtral par Philippe Berling. L’adaptation sera jouée sous le nom Meursaults au 69ème festival d’Avignon. Du fait de certains propos sur la place de la religion dans les sociétés du monde arabe, il est frappé d’une fatwa qui appelle le 16 décembre 2014 à son exécution en « application de la Charia ». Il reçoit en 2016 le prix Jean-Luc Lagardère du journaliste de l’année. En 2017, paraît Zabor, ou les Psaumes, dépeignant la vie d’un enfant algérien à part. On y retrouve la question de l’écriture, cet « équilibre nécessaire entre l’évocation et la vie, ce lien difficile à couper entre mon écriture et la réparation ». Il reçoit le prix Méditerranée en 2018 pour ce roman. Le peintre dévorant la femme est publié en 2018, l’auteur y évoque les passerelles entre l’Occident et le monde arabe sur des sujets comme l’art ou la mémoire, nous parle de civilisations, tout cela au prétexte d’une nuit au musée Picasso, face à l’érotisme du sujet féminin chez le peintre catalan. Kamel Daoud est l’un des écrivains français contemporains les plus lus, et la rigueur d’écriture et de documentation de chacun de ses ouvrages vient à chaque fois enrichir une réflexion sur l’Homme, la religion et le territoire.

Kamel DAOUD

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Né en 1966 à Mouyondzi dans la République du Congo, Alain MABANCKOU est un prolifique poète et romancier congolais. Polyglotte, il parle plusieurs langues africaines - le bembé, le laari, le vili, le kamba, le munukutuba et le lingala - avant de commencer l'école à six ans. Là-bas, il a appris le français et il comprit que les langues de tradition orales étaient fragiles du fait de la disparition des rituels, source de la transmission de la langue. À l’âge de 22 ans il part pour Paris où il étudiera à l’Université Paris-Dauphine. Il est l’auteur d’Au jour le jour (1993). Son premier roman, Bleu-Blanc-Rouge, a été publié en 1998 par Présence Africaine et couronné par le Grand prix d l'Afrique noire. On y découvre ici la liberté de ton de l'auteur, son humour corrosif et le regard caustique qui allaient marquer ses œuvres ultérieures. Alain MABANCKOU nous honorera de sa présence au festival Altaghjè afin d’animer l’atelier contes le samedi 20 et dimanche 21 mais aussi pour nous parler de son dernier roman Les cigognes sont immortelles (2018) qui nous fait plonger dans un contexte historique de Coup d’État dans la République Populaire du Congo qui mènera au reversement de cette dernière et à l’assassinat de son président Marien Ngouabi.

Alain MABANCKOU

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Ryad Girod est né à Alger en 1970, ville dans laquelle il grandira jusqu’au baccalauréat. Puis, il rejoint Paris et la faculté de Jussieu, devient prof de mathématiques. Il part enseigner à Alger, en Arabie-Saoudite, et est actuellement en poste à Alger. En 2008, il publie son premier roman, Ravissements, dont les droits seront rachetés par les éditions Barzakh, basées à Alger. Toujours chez Barzakh, son deuxième roman La fin qui nous attend paraît en 2015. Les Yeux de Mansour est son troisième roman. Il y raconte l’histoire de deux jeunes syriens expatriés à Riyad, en Arabie Saoudite, auxquels il arrivera des malheurs. Mansour est l’un d’eux. Descendant de l’Emir Abd-el-kader, fondateur de l’Etat moderne algérien, il est atteint d’une étrange maladie qui a pour effet de réduire, au fil des jours, son intelligence. Mansour se rapproche peu-à-peu de l’état de nature, devient « une bête », « un idiot ». Il commettra deux erreurs, hérésies pour l’Arabie-Saoudite, qui lui vaudront d’être condamné à mort. Il est exécuté sur la place Al-Safa - « pureté » - à Riyad. Cette histoire est une métaphore, questionne la compréhension du monde moderne. Deux volets la composent : un volet historique - l’auteur convoque des penseurs soufistes, grands savants du monde arabe, et un volet politique - ambiguïtés de la France vis-à-vis du régime saoudien, les interrogations sur la vente d’armes ainsi que cette problématique : est-il possible de comprendre les dessous de cette situation ?

Ryad GIROD

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Jean Jacques Beucler, originaire d’Ajaccio a d’abord été conseiller de coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France à Sarajevo puis délégué général de l’Alliance française au Mexique. Directeur de l’Institut français de Madrid et de Casablanca, il est nommé responsable en 2014 du prestigieux Institut Français d’Alger. L’IFA illustre l’engouement de la jeunesse algérienne pour la langue et la culture française en accueillant chaque année plusieurs milliers d’étudiants et de visiteurs. Outre les activités traditionnelles de l’institut (enseignement du français, projections de films et conférences) Jean-Jacques Beucleur s’est porté à l’initiative de nombreux projets afin de promouvoir la nouvelle scène artistique hexagonale. En juin 2018, il a est élevé au rang de Chevalier des arts et des lettres pour sa contribution apportée au rayonnement de la culture française dans le monde.

Jean Jacques BEUCLER

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Micaëla Etcheverry est comédienne ainsi que chanteuse lyrique, diplômée du Conservatoire de Paris elle initie sa carrière d’artiste en participant à l’aventure du théâtre musical dans les années 1980, quelques années plus tard elle décide de revenir à la scène après s’être consacrée à l’enseignement du chant. Membre du festival Altaleghje depuis ses débuts, Micaëla Etcheverry démontre chaque année ses grandes qualités de comédienne par des lectures publiques empreintes d’émotion et saluées pour leur interprétation vibrante.

Micaëla ETCHEVERY

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Jean-Pierre Castellani est né à Ajaccio et a passé son enfance en Algérie. Agrégé d’Espagnol, il a exercé en tant que professeur à la faculté de Tours ainsi qu’à l’Université de Corse entre 1987 et 2010. Il vit entre son village d’Evisa, Ajaccio et Tours.  Spécialisé dans la littérature autobiographique il siège en tant que vice-président de la « Société internationale d'études yourcenariennes », s’intéressant ainsi à l’œuvre de Marguerite Yourcenar. Il est également  membre de l’Association Internationale des critiques littéraires et vice-président de Corsica Jean-Pierre Castellani a publié de nombreux ouvrages en littérature française, tels que Je, Marguerite Yourcenar, d’un « Je » à « L’Autre » (éditions EST, 2011), Goodbye Rabelais ! figures libres & Yourcenar, Almodóvar et Umbral… (éditions EST, 2006) ou encore Mémoire(s) de Corse, coordination avec Jean-Jacques Colonna d’Istria (éditions Colonna, 2012). Ayant grandi en Algérie, il a par ailleurs établi des coopérations culturelles avec ce pays et y a consacré de nombreux articles dont «On touche pas Camus», Une enfance dans la guerre, Algérie 1954-1962 (2016) ; « Regards croisés sur Alger, entre réalité et fiction» (2015) ; « Un gamin d’Alger», L’enfance des Français d’Algérie avant 1962 (2014).

Jean-Pierre CASTELLANI

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Maïssa Bey est auteure, dramaturge et essayiste algérienne. Figure de l'écriture féministe elle s’est intéressée à la situation des femmes depuis les années noires en Algérie. Diplômée de l’Université de lettres d’Alger elle enseigne le français à Sidi-Bel-Abbès dans l'ouest algérien, et anime l'association culturelle "Paroles et écritures", créée en 2000, dont l'objectif est d'ouvrir des espaces d'expression culturelle. En 2008 elle remporte le Grand Prix du roman francophone grâce à son ouvrage Pierre, Sang, Papier ou Cendre publié aux éditions de l'Aube. Maissa Bey incarne un personnage féminin social dans ses écrits où elle incite les femmes par le biais de l'écriture à revendiquer leurs droits et de s'assumer dans une société patriarcale. Également auteure de pièces de théâtre (Tu vois c'que j'veux dire ? 2013, On dirait qu'elle danse, 2014 Chaque pas que fait le soleil, 2015), cette écrivaine est considérée comme l'une des porte-paroles des femmes algériennes car elles ont trouvé dans sa plume les mots qui décrivent leurs situations et leur oppression. « Pour moi, tout s’est passé comme si tout à coup garder le silence équivalait à se rendre complice de ce que nous devions subir. Et les mots ont été et sont toujours - salvateurs en ce sens qu’ils m’ont aidée à mettre de l’ordre dans le chaos que nous vivions au quotidien » .

Maïssa BEY

Adlène Meddi , né à Alger en 1975 est un journaliste, reporter et écrivain algérien. Il a fait des études de journalisme et de sociologie des médias à l'université d'Alger puis au campus marseillais de l’EHESS. Il est depuis 2009, le rédacteur en chef de l'hebdomadaire El Watan weekend, ainsi que collaborateur au magazine Le Point et au site Middle East Eye. En 2002, il publie aux Éditions Barzakh à Alger un premier polar, Le casse-tête turc puis La Prière du Maure, en 2008. En octobre 2017 sort son troisième roman, intitulé 1994 (Editions Rivages Noirs). Cet ouvrage, qui a reçu le prix Transfuge 2018 du meilleur polar francophone, le roman conte l’histoire de jeunes lycéens algérois qui décident de former un groupe clandestin de lutte anti-terroriste. L’auteur dresse ainsi un portrait saisissant de l’Algérie des terribles années 90, marquée par l’impossibilité du deuil de la guerre d’indépendance, des horreurs, des lâchetés et des dégâts irréparables causés aux cœurs et aux esprits de ceux qui ont traversés ses années noires.

Adlène MEDDI

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Robert Colonna d’Istria est né à Marseille le 17 décembre 1956, il exerce comme journaliste et essayiste. Il a également été chargé de cours, Conseiller du président de l’Assemblée de Corse ou encore Directeur de l’école supérieure des affaires. Il a écrit de nombreux ouvrages d’analyse historique sur la Corse, dont Histoire de la Corse (1995), La Corse au XXème siècle ou plus récemment Une famille corse, 1200 ans de solitude. Dans son dernier ouvrage, Une famille corse, 1200 ans de solitude, finaliste du Renaudot Essai 2018 et Prix du Livre Corse 2018, Robert Colonna d’Istria croise les destins d’une famille, les Colonna d’Istria, et de l’île dont ils sont originaires et dont ils ont été, des siècles durant, parmi les acteurs les plus éminents. L’ouvrage publié chez Terre Humaine contient cette dimension anthropologique, nécessaire et rigoureusement intégrée dans une structure quasi-narrative, teintée d’humour et d’anecdotes historiques. À travers l’histoire de la famille Colonna d’Istria, des hauteurs d’Ajaccio en passant par Gênes, l’Indochine, l’Algérie ou les maquis français, on suit l’évolution politique, sociale, économique de la Corse, les phénomènes d’émigration, parfois contrainte, les contradictions d’un peuple insulaire tour à tour voyageur, colonisé et maillon fort de la Résistance. Robert Colonna d’Istria est certainement l’un des intellectuels corses les plus lus, et ses travaux ont permis de rendre accessible à un large public un nombre important de connaissances historiques, là où un peuple a évidemment besoin de connaître son Histoire.

Robert COLONNA D'ISTRIA

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